Roman Jeunesse (+10) : Pax et le petit soldat . Sara Pennypacker

Traduit de l’américain par Faustina Fiore. Illustré par Jon Klassen.
(Gallimard Jeunesse, 2017).
A partir de 10 ans

   

A partir de 10 ans.
Thèmes : amitié, animaux, guerre, affirmation de soi.
* ATTENTION SPOILER * Cette chronique est destinée aux parents ! *


Entre parcours initiatique, récit d’aventures et plaidoyer pour les animaux, PAX et le petit soldat est un roman très réussi d’une délicatesse attendrissante. L’amitié intense entre un jeune garçon et un renard que la vie sépare, bouleverse les coeurs. Sans emphase ni pathos, Sara Pennypacker allie actions et réflexions, invitant en filigrane à méditer sur les effets destructeurs d’une guerre.

Après la mort de sa mère, Peter recueille Pax, un jeune renardeau orphelin qu’il élève comme un animal de compagnie.
Lorsque le roman s’ouvre quelques années plus tard, Peter a douze ans et la guerre est imminente. Son père s’engage dans l’armée, l’envoie vivre chez son grand-père et l’oblige à abandonner Pax dans la forêt. Très vite, l’enfant s’enfuit à la recherche de son animal.

Bien plus qu’un simple récit d’aventure, le roman de Sara Pennypacker magnifie le lien entre les enfants et les animaux, et nous prouve que la proximité du monde animal favorise l’affirmation de soi : le désir de protéger, d’être fidèle et de partager un lien affectif inconditionnel et inaltérable. Pour retrouver la compagnie de son renard, Peter fait preuve d’une force d’adaptation et d’une détermination sans faille. Il apprend les vertus du travail, la patience, la persévérance et l’empathie. Au seul prix de ses efforts, il impose sa personnalité et son individualité. Dans son périple, le jeune garçon croise le chemin d’une vétérane de guerre antipathique et marginale qui vit étrangement recluse. Est-elle une alliée ou une ennemie ? Plutôt abrupte de prime abord, elle se révèle être une personne meurtrie par l’horreur de la guerre. Malgré son austérité constante, elle guide l’enfant, le nourrit et lui prodigue de nombreux conseils. Elle l’incite à prouver qu’il est digne de gagner son autonomie.
De son côté, l’animal affronte les forces de la nature sauvage dont il ignore tout. Comment ne pas trembler pour lui ? Sara Pennypacker retranscrit parfaitement le langage complexe des animaux sans jamais tomber dans l’anthropomorphisme. Le récit conclut à la nécessaire distance entre l’homme et l’animal sauvage, aussi douloureuse soit-elle. L’auteure arrive à nous tenir en haleine grâce à une efficace alternance des chapitres et nous offre une fin à la hauteur de nos attentes !


Quelques mots sur l’illustrateur Jon Klassen :
Jon Klassen est un jeune auteur-illustrateur canadien qui vit à Los Angeles. Dessinateur pour les studios dreamworks, il illustre également quelques albums pour la jeunesse. Avec la série d’album qui découle de “Je veux mon chapeau”, Jon Klassen rencontre un franc succès et reçoit de prestigieuses récompenses. Les quelques illustrations qu’il réalise pour “Pax et le petit soldat”, sensibles et expressives, servent magnifiquement bien le texte de Sara pennypacker.
Voici un lien pour admirer son travail


Illustration extraite du livre “Pax et le petit soldat” © ill. Jon Klassen

Illustration extraite du livre “Pax et le petit soldat” © ill. Jon Klassen


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