Les fantômes du vieux pays . Nathan Hill

Traduit de l’anglais (États-unis)
par Mathilde Bach
(Gallimard du monde entier, 2017).
707 pages

   

En suivant les pas de Samuel Anderson, anti-héros magnifique, Nathan Hill fait preuve d’une imagination incroyable. De l’Amérique contemporaine à la Norvège des années 40, il nous brosse un portrait sans concession d’une société empêtrée dans ses nombreuses contradictions. Situations cocasses, personnages attachants, réflexions fines et humour au vitriol sont au rendez-vous de ce roman-fleuve foisonnant et énergique. Féroce, émouvant et drôle à la fois !

Fin de l’été 2011, le gouverneur Parker a été agressé en pleine rue. Très vite, les médias suréxités s’emparent du sujet et la nouvelle affole l’Amérique. De son côté, Samuel Anderson a certainement connu des jours meilleurs. Professeur de lettres à l’Université de Chicago récemment plaqué par sa femme, il sèche sur le sujet du roman que son éditeur le somme de rendre depuis 10 ans. Sa solution ? Se mettre en mode veille : ne plus sortir, ne plus voir personne et passer un maximum d’heures branché sur un jeu vidéo pathétique. C’est ainsi qu’il passe à côté de ce fait-divers qui défraie la chronique. Pourtant, l’assaillante du gouverneur Parker n’est autre que sa mère qui l’a abandonné alors qu’il était enfant. Il tient enfin le sujet de son roman : raconter l’histoire de cette mystérieuse femme et tenter de comprendre ce qui a pu la pousser à quitter mari et fils.

Samuel Anderson devient alors le parfait fil rouge pour nous faire parcourir cinquante ans de vie aux États-Unis. La quatrième de couverture est une promesse : ça va être amusant, génial, et divertissant ! Il y a peu à redire en effet : dans ce premier roman, Nathan hill s’impose déjà comme un brillant raconteur d’histoires, un inventeur de personnages hauts en couleurs, un virtuose de la construction romanesque et un fin dialoguiste. La plus grande réussite de ce roman, c’est qu’au-delà du divertissement qu’il nous propose, il nous donne matière à penser.
Le récit est marqué par des thèmes forts : l’abandon, l’absence de la mère, les amours contrariés, la solitude, les travers de la société consumériste, le système scolaire…Il a fallu plus de dix ans d’écriture et sept cents pages pour que Nathan Hill trouve le temps et l’espace nécessaire pour s’exprimer. Trop long ? On pourrait trouver matière à discuter. Ennuyeux ? Jamais ! On se dit plutôt qu’il aurait pu en garder un peu pour les prochains romans.

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