Le courage qu’il faut aux rivières . Emmanuelle Favier


(Albin Michel, parution 24 août 2017)

   

Effarant destin que celui de Manushe, héroïne du premier roman d’Emmanuelle Favier. “Vierge jurée”, elle a fait le serment d’enfouir sa condition de femme pour acquérir les privilèges réservés aux hommes. Une tradition révoltante, historiquement véridique. Le courage qu’il faut aux rivières nous rappelle que la littérature a aussi pour vocation de nous ouvrir les yeux sur des versants méconnus de l’Histoire. Un joli coup d’essai à découvrir !

Le rideau se lève sur un petit village perché dans les montagnes enneigées, au coeur des balkans. Manushe, 45 ans, coule des jours tranquilles depuis le jour où, pour échapper à un mariage forcé, elle a fait le serment de rester vierge. Ce matin-là, un vagabond mystérieux et charismatique fait son apparition sur le pas de sa porte, semant le trouble dans son corps et son esprit…

Difficile d’en dévoiler d’avantage tant ce roman énigmatique regorge de surprises. Dès les premiers mots, Emmanuelle Favier instaure un climat brumeux et mélancolique. La poésie et la limpidité de l’écriture contraste avec la rudesse de certains personnages. L’alcool coule à flot dans la gorge des hommes et les femmes sont contraintes de prêter serment pour prétendre à davantage de privilèges. Les clivages très marqués et les traditions ancrées depuis des générations forgent les personnalités. Le livre nous offre à suivre trois personnages en quête d’eux-mêmes qui cherchent obstinément un moyen de faire dévier leur destin. A défaut de me passionner, leurs parcours sinueux et inattendu m’ont poussée à m’interroger de nombreuses fois. L’écriture d’Emmanuelle Favier, parfaitement maîtrisée, force l’admiration. Elle compose un beau texte sur l’identité, la condition féminine et la liberté.

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