Songe à la douceur. Clémentine Beauvais

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Roman jeunesse +13 ans
(Sarbacane, 2016).

   

Romance tout en vers librement inspirée d’une œuvre de Pouchkine (Eugène Onéguine), Songe à la douceur est une véritable prouesse qui bouscule la littérature jeunesse. Un grand slam énergique où cohabitent des alexandrins d’illustres poètes et des conversations textos. Un mariage improbable et périlleux que Clémentine Beauvais réussi avec une facilité déconcertante.

Il est des livres qui vous surprennent bien davantage que vous n’auriez pu le croire. Songe à la douceur, apparente bluette contemporaine réservée aux adolescents, est de ceux-là. Eugène et Tatiana y rejouent le thème des amours impossibles dans une variation malicieuse et rythmée. Voici donc leur rencontre au cœur de l’adolescence, leurs amours chimériques et leur retrouvailles dix ans plus tard.
Depuis la nuit des temps, les romances contrariées nourrissent les œuvres littéraires. Clémentine Beauvais, fraîche et imaginative, revisite le thème avec brio. Elle décrit le vertige amoureux sans guimauve, maîtrisant parfaitement ce pétillement de la phrase qui permet de glisser du sourire à l’émotion. Elle sait évoquer la vie contemporaine et ses contradictions, l’altération de l’amour par le temps, les aspirations contraires et les peurs liées à l’avenir. Autant de questionnements particulièrement actifs à l’adolescence qui resurgissent néanmoins tout au long de la vie.
Jeux poétiques, références, rimes et fantaisies typographiques renforcent l’expressivité du récit sans jamais l’étouffer, faisant entrer en collision le monde contemporain et la grande poésie. Clémentine Beauvais mâtine son récit de rebondissements et d’humour et parvient en quelques phrases à nous intriguer, chahuter et séduire. Bravo !

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