Par le vent pleuré . Ron Rash


Traduit de l’anglais (États-unis)
par Isabelle Reinharez.
(SEUIL, parution 17 août 2017).

   

La place de Ron Rash dans le paysage littéraire américain n’est plus à prouver tant il nous a déjà offert de nombreuses pépites. Il récidive avec un roman qui nous précipite dans le côté obscur du Summer of love. Dans une petite ville au cœur des Appalaches, une découverte macabre fait resurgir les sombres souvenirs de deux frères. Une histoire imprégnée de sensualité, de violence et de jalousie où Ron Rash nous prouve qu’il sait parfaitement jouer sur l’ambiguïté de ses personnages.

Voilà des décennies que Bill et Eugène ont fait le serment de ne jamais reparler de la belle et attractive Ligeia. Lorsque les ossements de la jeune femme sont retrouvés sur la rive de leur village d’enfance, tout se bouscule forcément. Le passé ressurgit violemment, exhumant les secrets, les silences, les rivalités et les souffrances familiales.
Eugène, sous pression et souvent imbibé d’alcool, peine à garder son sang-froid face à ce fantôme du passé qu’il ne domine pas. Son frère aîné Bill, occupé à sauver des vies et à gérer sa carrière de brillant chirurgien, est son exact négatif. Autour d’eux, l’étau se resserre dangereusement. Leur vie se délite un peu plus au fur et à mesure que la mémoire d’Eugène se ravive. Les souvenirs embrouillés de cet été 1969 viennent et reviennent peu à peu dans une habile construction et la lumière éclate avec mille facettes. Par forcément comme on s’y attend.

Lentement mais sûrement, Ron Rash déroule une trame faussement simple. Il nous plonge dans une ambiance au cœur des sixties : drogue, sexe et alcool, ou l’envers du flower power…
Comme souvent chez Ron Rash, la nature est omniprésente : sensuelle et mystérieuse. L’écriture limpide épouse parfaitement l’élément aquatique d’où surgit la jeune Ligeia. Une image traverse le livre de bout en bout, l’imprègne de sa beauté magnétique et lui prête une poétique singulière. Cette image est celle d’une sirène qui envoûte avant de disparaître dans l’eau. Jeune, belle, séductrice, libérée et hautement toxique, la jeune Ligeia fait tourner la tête des deux jeunes frères avides de nouvelles expériences. Ron Rash, lui, nous charme encore une fois. Sans être son meilleur cru, Par le vent pleuré se lit d’une traite.

Accompagnement gustatif suggéré : Une bière fraiche.
Accompagnement sonore suggéré : 
Une playslist sixties s’impose. Les références musicales ne manquent pas dans le roman, laissez-vous guider par les conseils de Ligiea.
http://www.seuil.com/ouvrage/par-le-vent-pleure-ron-rash/9782021338553

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *