L’abandon des prétentions. Blandine Rinkel

Sous un titre aussi beau que mystérieux, Blandine Rinkel livre un texte sensible et piquant sur sa mère Jeanine, sexagénaire naturellement généreuse, sans orgueil ni attente. Grâce aux multiples visages croisés lors de promenades quotidiennes, Jeanine nous prouve qu’il est possible de voyager sur place. Un moment de lecture savoureux, méditatif et atypique.

PAGE DES LIBRAIRES. Une revue à découvrir !

Qui mieux que votre libraire peut vous conseiller dans vos lectures ? Si vous êtes amoureux des livres (évidemment), si les petits mots parsemés par votre libraire sur les étagères vous procurent le même effet qu’une sucrerie (assurément),
il est indispensable, me semble t’il, que vous découvriez la revue PAGE DES LIBRAIRES, de toute urgence !

Les sagas ont le vent en poupe cet hiver !

Cette année plus que jamais, les séries débarquent dans les rayonnages des libraires, séduisant de plus en plus de lecteurs. Entre valeurs sûres et nouveautés, j’ai sélectionné quatre incontournables qui devraient vous faire aimer 2017 ! Présentation des premiers tomes…

Petit pays . Gaël Faye

Prenant pour cadre l’onde de choc du génocide Rwandais au Burundi, Petit Pays est un roman déchirant qui impressionne par sa grâce et sa poésie. J’ai terminé ma lecture les yeux rougis et le souffle coupé, profondément touchée par le récit de cette enfance perdue. La douceur et l’innocence sont la force du jeune Gabriel. Malgré la barbarie qui s’acharne à saccager sa vie, il tente vainement de préserver son innocence…

Comment tu parles de ton père . Joann Sfar

Prolifique et talentueux auteur de bande-dessinées, brillant réalisateur de films et conteur sensible, Joann Sfar s’essaye aussi parfois à l’écriture autobiographique. Au fil de son dernier roman, Comment tu parles de ton père, il se livre de façon désarmante, mêlant humour et mélancolie. Décousu et pas toujours bien écrit, son récit n’est pas pour autant dénué de charme, bien au contraire.

Bondrée . Andrée A.Michaud

Polar dont la couverture traduit parfaitement l’atmosphère, Bondrée séduit par son élégance et ses images poétiques plus que par son suspense. Il s’agit moins pour nous de résoudre une intrigue policière que d’assister à un spectacle envoûtant très esthétique, soutenu par une plume qui décrit aussi brillamment les paysages que le flux de pensées qui traverse le cerveau humain. Peut-être pas un thriller qui nous renversera par son originalité et son audace, mais assurément un roman noir très séduisant.

Les petites consolations . Eddie Joyce

Les petites consolations s’inscrit brillamment dans la vague inépuisable des grands portraits de famille, transcendant le genre par son intelligence, son humour et sa maîtrise psychologique. A travers de multiples points de vues, Eddie Joyce nous plonge au sein d’un foyer Italiano-Irlandais qui lutte pour retrouver la paix après la mort de leur fils dans les attentats du 11 septembre. Une vraie découverte et un grand bonheur de lecture.

Maman est en haut. Caroline Sers

S’il fallait choisir un seul mot pour résumer l’ouvrage de Caroline Sers, ce serait agréable. Ce court roman bâti sur des dialogues omniprésents parle de la vie qui se dérobe et dresse un portrait attachant d’une famille contemporaine imparfaite et touchante dans sa volonté de rester unie malgré les divergences. Une sorte de huit-clos aux accents mélo, dont les grandes lignes et les rebondissements suivent le cadre bien rodé de la tragi-comédie familiale sans réellement parvenir à insuffler le petit zeste de piquant qui aurait relevé le récit. Le résultat n’en demeure pas moins sympathique et distrayant.

Au commencement du septième jour . Luc Lang

Introspection d’un homme dont la vie bascule, Au commencement du septième jour s’impose comme une œuvre majeure de cette rentrée littéraire. L’écriture cinématographique, nerveuse et foisonnante de Luc Lang éblouit cette saga familiale aux allures de thriller de la première à la dernière page. Chaque phrase capte tout le spectre des sensations contenu dans un même instant. Les images se bousculent et les détails bouillonnent pour nous conduire au plus près des sens. Accélération, décélération, vents contraires et frustrations composent ce roman. Il demeure aussi parfois sans réponses, à l’image de la vie…

Chanson douce . Leïla Slimani

Ce titre est un piège. La Chanson douce de Leïla Slimani cache un drame psychologique glaçant, saisissant de réalisme. Une plongée terrifiante dans la psyché d’une nourrice meurtrière. Culpabilité, sentiments éperdus, vide affectif et jalousie sociale hantent ce récit poignant. Ce roman uppercut secoue et sa composition magistrale maintient la tension à son apogée. Si vous commencez ce livre, sachez que vous n’en sortirez pas indemnes…