Maman est en haut. Caroline Sers

S’il fallait choisir un seul mot pour résumer l’ouvrage de Caroline Sers, ce serait agréable. Ce court roman bâti sur des dialogues omniprésents parle de la vie qui se dérobe et dresse un portrait attachant d’une famille contemporaine imparfaite et touchante dans sa volonté de rester unie malgré les divergences. Une sorte de huit-clos aux accents mélo, dont les grandes lignes et les rebondissements suivent le cadre bien rodé de la tragi-comédie familiale sans réellement parvenir à insuffler le petit zeste de piquant qui aurait relevé le récit. Le résultat n’en demeure pas moins sympathique et distrayant.

Au commencement du septième jour . Luc Lang

Introspection d’un homme dont la vie bascule, Au commencement du septième jour s’impose comme une œuvre majeure de cette rentrée littéraire. L’écriture cinématographique, nerveuse et foisonnante de Luc Lang éblouit cette saga familiale aux allures de thriller de la première à la dernière page. Chaque phrase capte tout le spectre des sensations contenu dans un même instant. Les images se bousculent et les détails bouillonnent pour nous conduire au plus près des sens. Accélération, décélération, vents contraires et frustrations composent ce roman. Il demeure aussi parfois sans réponses, à l’image de la vie…

Chanson douce . Leïla Slimani

Ce titre est un piège. La Chanson douce de Leïla Slimani cache un drame psychologique glaçant, saisissant de réalisme. Une plongée terrifiante dans la psyché d’une nourrice meurtrière. Culpabilité, sentiments éperdus, vide affectif et jalousie sociale hantent ce récit poignant. Ce roman uppercut secoue et sa composition magistrale maintient la tension à son apogée. Si vous commencez ce livre, sachez que vous n’en sortirez pas indemnes…

Continuer . Laurent Mauvignier

Voyage initiatique d’une quadra aux prises avec un adolescent à la dérive, Continuer nous emmène au cœur des montagnes du kirghizistan. Histoire d’amour entre une mère et son fils doublée d’un roman d’aventures parcouru de grandes envolées cinématographiques, ce livre fait galoper les émotions de bout en bout. Un très beau portrait de femme et une belle réflexion sur le rejet des autres. Tenter de réhabiliter ce qui nous effraie pour continuer à aimer la vie, telle pourrait être la devise de ce roman.

Repose-toi sur moi . Serge Joncour

Roman ambigu, entre amour et solitude, tension nerveuse et désir charnel, Repose-toi sur moi est bien plus qu’une simple histoire de coeur. Avec finesse et sensibilité, Serge Joncour offre une variation épatante du thème mille fois rebattu des contraires qui s’attirent, passant avec aisance du récit romantique à la peinture sociale hyper-réaliste, le tout imprégné d’une tension grandissante qui tient en haleine. C’est sobre, intelligent et magnifique à la fois.

Ce n’est pas ce que vous croyez !!! A suivre…

Chers amis, Vous admettrez que certaines lectures sont plus difficiles à assumer que d’autres ! Mais c’est le prix à payer pour lire ce qui a été désigné comme un…

La correction . Elodie Llorca

La Correction d’Elodie Llorca, qui vient de recevoir le Prix Stanislas du premier roman 2016, m’a laissée à quai. Le style joliment épuré de l’auteure et le talent dont elle fait preuve pour donner corps à la paranoïa de son protagoniste n’ont pas suffi à me faire embarquer dans ce jeu de piste d’une noirceur absolue.

Le bon fils . Denis Michelis

Le Bon fils est un roman étrange qui oscille entre comédie, thriller psychologique et récit fantastique, dans l’esprit du film Harry, un ami qui vous veut du bien. Les relations parent-enfant et les “joies” de l’adolescence y sont abordés avec justesse et humour. Si d’emblée j’ai été séduite par des dialogues père-fils aussi drôles que saisissants de réalisme et par la tournure un peu fantastique du roman, mon enthousiasme a été freiné par l’emploi de métaphores qui rendent le récit trop confus à mon sens.

The girls . Emma Cline

Emma Cline possède un talent à couper le souffle. Dévorant, subtil, infiniment sensible et pourtant très cru, son premier roman The Girls est en tous points fascinant. Bien au delà du fait divers dont il s’inspire, le livre tire toute sa puissance du malaise adolescent absolument nu que la plume de l’auteure saisit à vif comme rarement. J’ose le mot : c’est pour moi un chef-d’oeuvre. Un choc esthétique.

Les cosmonautes ne font que passer . Elitza Gueorguieva

Les cosmonautes ne font que passer est un premier roman décalé, ciselé et ultraspeed qui a trouvé son chemin entre comédie et nostalgie pour évoquer aussi bien les tourments intimes d’une jeune fille naïve et lunaire que la chute du communisme en Bulgarie. Un récit mené tambours battants, original de par son thème et son humour. A mi-chemin entre un film de Cédric Klapisch et “Good Bye Lenin” !