Mercy, Mary, Patty . Lola Lafon

Près de quarante-cinq ans après l’enlèvement de Patricia Hearst, l’affaire continue de fasciner. Lola Lafon revisite le fait divers dans un roman intéressant mais très confus. Si le propos est captivant, la structure romanesque aurait gagné à être beaucoup plus simple !

Mon père, ma mère et Sheila . Eric Romand

Dans ce court roman autobiographique, Eric Romand remonte les souvenirs de son enfance solitaire passée dans une famille moyenne des années 70-80. Si le roman ressemble parfois à un kaléidoscope générationnel où l’on rit de bon cœur, on se retrouve soudain la gorge nouée, émus par tant de souffrances dissimulées. Cette alternance entre douleur et nostalgie donne au livre toute sa force.

Le courage qu’il faut aux rivières . Emmanuelle Favier

Effarant destin que celui de Manushe, héroïne du premier roman d’Emmanuelle Favier. “Vierge jurée”, elle a fait le serment d’enfouir sa condition de femme pour acquérir les privilèges réservés aux hommes. Une tradition révoltante, historiquement véridique. Le courage qu’il faut aux rivières nous rappelle que la littérature a aussi pour vocation de nous ouvrir les yeux sur des versants méconnus de l’Histoire. Un joli coup d’essai à découvrir !

Les sables de L’amargosa . Claire Vaye Watkins

Claire Vaye Watkins impressionne. Son premier roman, hypnotique et puissant, s’inscrit dans la lignée des grands récits de l’errance, réveillant le genre par son audace, son lyrisme et sa dimension écologique. On pense à l’univers de McCarthy et à la plume d’Emma Cline. Pas moins. Les inspirations sont nombreuses mais l’oeuvre est singulière, explorant mille thèmes sans jamais perdre le lecteur. En dépit de quelques (très petites) imperfections, les sables de l’Amargosa est un premier roman extrêmement ambitieux que j’ai envie de défendre haut et fort. Une nouvelle voix de la littérature américaine est née.

Iles flottantes . Jean Luc Cattacin

Riche en humour et en rebondissements, Iles flottantes vous fera décoller de votre quotidien pour vous attirer dans les vies complètement décapantes de deux adolescents pleins de ressources et de mauvaises idées. Un livre qui fleure bon l’océan, les dunes, l’aventure, la bonne humeur mais aussi le désenchantement. Une lecture agréable qui pêche malheureusement par de nombreuses répétitions. Dommage !

Par le vent pleuré . Ron Rash

La place de Ron Rash dans le paysage littéraire américain n’est plus à prouver tant il nous a déjà offert de nombreuses pépites. Il récidive avec un roman qui nous précipite dans le côté obscur du Summer of love. Dans une petite ville au cœur des Appalaches, une découverte macabre fait resurgir les sombres souvenirs de deux frères. Une histoire imprégnée de sensualité, de violence et de jalousie où Ron Rash nous prouve qu’il sait parfaitement jouer sur l’ambiguïté de ses personnages. Sans être son meilleur cru, Par le vent pleuré se lit d’une traite.

Une histoire des loups . Emily Fridlund

Une histoire des loups est un premier roman original, élégant et dérangeant qui marque la brillante entrée d’Emily Fridlund dans la littérature américaine. Salué par la presse anglophone lors de sa sortie outre-atlantique, Une histoire des loups nous emmène au fin fond du Minnesota. On en sort éblouis par la maîtrise narrative et la puissance d’incarnation de la jeune auteure.

Imago . Cyril Dion

Co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement colibris et Co-réalisateur du road-movie documentaire Demain avec Mélanie Laurent, Cyril Dion a plus d’une corde a son arc. Pour son premier roman Imago, il s’empare d’un sujet particulièrement sensible, brûlant d’actualité, et signe un livre remarquable sur le destin de quatre personnages pris au cœur du conflit Israélo-Palestinien. Une fiction juste, sensible et poétique.

Trois saisons d’orage . Cécile Coulon

Jeune auteure prolifique et talentueuse, Cécile Coulon livre avec Trois saisons d’orage son neuvième roman. Elle nous offre une fresque familiale baignée de mystère, ancrée dans un décor somptueux aussi fascinant que menaçant. Les personnages, tous intensément vivants et bouleversants, luttent chacun à sa manière contre quelque chose qu’il ne pourront pas vaincre… Un roman puissant à mi chemin entre la tragédie grecque, la peinture sociale et le roman à suspense.

La tristesse des éléphants . Jodi Picoult

Si vous emportiez dans votre sac de voyage un livre pour vous étonner ? Page-turner mêlant suspense, surnaturel, humour et documentaire animalier, La tristesse des éléphants est une fiction très efficace, parfaite pour remplir se rôle. Sans être un vrai coup de cœur, ce roman choral habilement construit et très documenté a su me tenir captive jusqu’à la dernière page. La place de choix réservée aux éléphants y est pour beaucoup…