Murmures dans un mégaphone . Rachel Elliott

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Traduit de l’anglais par Mathilde Bach. (Rivages, 2016).

   

Murmures dans un mégaphone est un roman un peu fou, terriblement touchant, dont la palette de personnages très croustillante ne peut pas vous laisser indifférents. Les questionnements amenés avec humour et finesse peuvent faire écho en chacun de nous tellement le roman sonne juste.

Miriam Delaney, trente-cinq ans, n’a pas franchi le seuil de sa maison depuis trois longues années. Sa mère Frances ne lui a pas donné les clés pour être heureuse. Poussée par le dynamisme de son amie Fenella et épaulée par un voisin très attentionné, elle décide pourtant d’amorcer un virage dans sa vie. Demain, elle sortira enfin de chez elle…
Ralph Swoon, bientôt quarante ans, père de famille vaguement psychothérapeute (comme l’auteur), est en pleine confusion devant son existence trop bien tracée. Sa femme Sadie inonde la toile (et le roman) de tweets insipides sur leur vie de couple désastreuse.
Bientôt Ralph prendra la fuite dans les bois…
Bien sûr, les chemins de Miriam et Ralph vont se croiser et ils vont avancer ensemble, tels des équilibristes au dessus du vide.

C’est alors que pour moi le roman est devenu totalement addictif. A la lecture des premiers chapitres d’introduction, je craignais de voir venir un récit un peu attendu mais rien ne s’est déroulé comme prévu.
Tout en évitant tous les clichés de chaque genre, Murmures dans un mégaphone touche à la fois au roman d’initiation, au roman d’amour et au roman choral.
Qu’ils soient angoissés, désorientés ou refoulés, tous les personnages se questionnent sur comment se trouver une vie parfaite. L’auteur nous parle de confiance en soi sans jamais tomber dans les écueils d’un discours simpliste sur le développement personnel.
Servis par des dialogues piquants, la prose est énergique et le ton rempli d’humour. Rachel Elliott jongle entre flashback , présent et flashfoward et donne tour à tour la parole aux multiples protagonistes, tous passablement secoués mais néanmoins plus crédibles et touchants les uns que les autres.
En filigrane du destin de cette galerie de doux dingues, Rachel Elliot dresse le portrait très juste de toute une génération de pré-quadras, jeunes mais suffisamment engagés dans la vie pour être en proie aux doutes et aux regrets.
Rachel Elliott livre ici un premier roman très actuel et original qui m’a surprise et emballée. Vous l’aurez compris : je vous prescrit de toute urgence la lecture de ce roman qui fait du bien !

Accompagnement gustatif suggéré : des litres de thé en thermos.
Accompagnement sonore suggéré : bande son des années 90

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