Mon désir le plus ardent . Pete Fromm

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt
(Gallmeister, 2018).

   

Pete Fromm ne se laisse jamais aller à la facilité sensationnaliste, même lorsqu’il s’attaque à un sujet on ne peut plus grave. Dans Mon désir le plus ardent, il se glisse dans la peau d’une jeune femme atteinte de sclérose en plaques avec la bienveillance et la justesse qui le caractérise et nous offre un roman solaire, impressionnant d’intensité et, finalement, de simplicité. A la maladie vient répondre la force de l’amour et de l’humour…

Quand deux êtres épris de grands espaces, de nature et de liberté se rencontrent, c’est le début d’une grande histoire d’amour. Maddy et Dalt savourent la chance qu’ils ont de s’être trouvés, mais très vite, le diagnostic tombe : Maddy est atteinte de sclérose en plaques. Privée de l’usage de sa main et en proie à des crises de plus en plus fréquentes, Maddy voit son estime de soi et son moral sérieusement esquintés. Le futur devient chaque jour un peu plus incertain mais la vie continue, la famille s’agrandit et les projets prennent vie, quoi qu’il advienne…

Avec un titre pareil, on aurait pu craindre le pire mais il n’en est rien car lorsque Pete Fromm tient la plume et Gallmeister édite, c’est une autre histoire. Sans pathos ni guimauve, le roman est simple, juste et fort. Pete Fromm accompagne Maddy, Dalt et leurs enfants au plus proche de leurs émotions, dans toutes les étapes de leur vie. Au contact de la maladie, chacun change et révèle ce qu’il a de plus enfoui. Courage, détermination, désarroi, dérision, souffrance et acceptation : tout s’entremêle. Maddy et Dalt manient l’ironie comme personne et leur amour est inaltérable. Leur courage est admirable mais pas inébranlable et c’est ce qui les rend intensément vrais. Ils sont touchants dans leur courage comme dans leurs faiblesses. Même si elle fournit beaucoup d’efforts pour paraitre forte et cacher ses fêlures, Maddy en dépense malheureusement autant à se dénigrer et se cacher des autres. Comment le lui reprocher ? L’idée même que ses enfants ne l’aient jamais connue autrement et soient incapables de l’imaginer dévaler une rivière la révolte. Rien n’est plus important à ses yeux que d’éviter à tout prix de voir de la pitié et du dégoût dans le regard des autres. Dalt, lui, continue de déplacer des montagnes pour honorer son désir le plus ardent : vivre heureux avec Maddy.
Encore une fois, Pete Fromm nous offre une histoire dense et forte, servie par une écriture limpide et une très grande justesse.

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