Les sagas ont le vent en poupe cet hiver !

Cette année plus que jamais, les séries débarquent dans les rayonnages des libraires, séduisant de plus en plus de lecteurs. Entre valeurs sûres et nouveautés, j’ai sélectionné quatre incontournables qui devraient vous faire aimer 2017 ! Présentation des premiers tomes.


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(Pocket, 2011).    

Mille femmes blanches de Jim Fergus : un groupe d’américaines découvre la dure vie de Squaw dans les années 1870. Rendez-vous en terre inconnue !

A l’origine de cette épopée, un étrange pacte conclu officieusement entre un chef Cheyenne et un président Américain, prévoyant l’échange de mille femmes blanches contre un nombre équivalent de chevaux. Ce mélange de sangs devait garantir la paix pour les uns et permettre de civiliser les “sauvages” pour les autres. A travers les écrits de l’une des “volontaires” américaines, May Dodd, on découvre une ethnie, son histoire, ses coutumes (parfois barbares) et ses croyances. Peu à peu, la jeune femme et ses camarades apprivoisent leur tribu d’adoption, au point d’en découvrir la noblesse mais aussi d’en partager le destin sanglant. Mille femmes blanches est un roman riche en rebondissements. Une épopée romanesque chargée d’hémoglobine et d’émotions, un brin caricaturale mais néanmoins palpitante. Un hommage à la culture indienne et aux grands espaces qui fait inévitablement penser à Danse avec les loups de Michael Blake. La suite (La vengeance des mères) vient de paraître chez  Le cherche midi après 16 ans d’attente.


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(Folio, 2016).    

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante : une saga limpide et passionnante qui dépeint l’émancipation de deux gamines de l’après-guerre dans les bas-fonds Napolitains. Un immense coup de cœur !

L’amie prodigieuse est une fresque italienne particulièrement incarnée. Brillante conteuse, Elena Ferrante nous dépeint l’amitié de Lila et Elena, leurs amours, leurs rêves mais aussi les combats qu’elles mènent et les violences qu’elles subissent. Ensemble, les deux amies sillonnent leur quartier populaire de Naples, font les quatre-cent coups et se heurtent aux codes imposés par l’époque, les hommes et la mafia italienne. L’émancipation féminine est au cœur du roman. Elena Ferrante fait évoluer des personnages crédibles et attachantes dont les destins croisés passionnent. L’écriture limpide et sans emphase nous emporte comme dans une rivière. Ce premier tome est consacré à l’enfance des deux protagonistes. Le deuxième volet (Le nouveau nom) est paru en poche début 2017 et le troisième (Celle qui fuit et celle qui reste) est disponible en broché chez Gallimard. Un dernier tome reste à paraître.


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(Points, 2011).    

Les Chaussures Italiennes d’Henning Mankell  où comment rompre la monotonie d’une vie recluse sur une île Baltique.

Pour Frédrik, sexagénaire acariâtre et peu loquace, la fuite est un véritable mode de vie. Reclus volontaire pour expier une faute professionnelle, il s’accroche à sa vie d’ermite comme à une bouée de sauvetage. Il est fâché contre le monde et contre lui-même. Son unique compagnie : une vieille chienne, un chat et une fourmilière qui a envahit son salon. Ses aspirations : n’avoir personne à qui parler, aucun compte à rendre et aucune responsabilité à endosser. Un jour, son amour de jeunesse lâchement quittée quarante ans plus tôt apparaît sur le perron de sa porte et brise sa tranquillité. Il était temps. Cette intrusion est un vrai happening burlesque et Fredrik n’est pas au bout de ses surprises. Les chaussures italiennes est un beau livre sur la culpabilité, l’amour et la fin de vie. Sans avoir eu de véritable déclic à la lecture de ce roman mélancolique qui parfois traîne un peu, j’ai été sensible au parcours de rédemption de ce vieux loup solitaire aussi détestable qu’attachant. Ses réflexions cyniques font mouche et les rencontres qui rythment son périple ne manquent pas de charme.  La suite (les bottes suédoises), vient de paraître aux éditions du Seuil.


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(Folio, 1985).    

Au bonheur des ogres de Daniel Pennac: Les tribulations rocambolesques d’une tribu Parisienne.

Pour les chanceux qui ne connaissent pas la joyeuse smala des Malaussène, il n’est jamais trop tard pour la découvrir, d’autant que cette année elle revient sur le devant de la scène avec la parution d’un nouvel opus chez Gallimard. Cette famille de sept enfants tous nés de pères différents vit sous la houlette du fils aîné Benjamin, bouc émissaire professionnel payé pour se faire ­engueuler dans un grand magasin Parisien. Impossible de résister aux charmes de cet antihéros “frère-poule”, lunaire et un peu anar. Dans son quartier de Belleville, une palette de personnages hauts en couleurs gravitent autour de lui. Le récit de Daniel Pennac est aussi foisonnant que la marmaille est turbulente ! Mi-polar, mi-comédie loufoque, Au bonheur des ogres est un des plus grands succès de librairie de son époque. La recette miracle de Daniel Pennac : un humour mordant, une gouaille innovante, un soupçon d’accents dramatiques et une bonne dose de tendresse. Je suis une mordue des Malaussène mais pourtant j’éprouve une petite appréhension à l’ouverture du dernier tome. Je crois tout simplement que j’aurai préféré retrouver la plume admirable de “journal d’un corps” plutôt que celle de ses débuts…

 

4 thoughts on “Les sagas ont le vent en poupe cet hiver !

  1. Pour ma part, je vois un problème avec les sagas. Il est rare, du moins pour celles lues, que les tomes 2, 3… surpassent le premier tome. Ça m’est arrivée avec Mille femmes blanches et avec Les chaussures italiennes. Je suis pourtant bonne joueuse et continue!

    1. Hé hé ! Tu as bien raison de continuer à jouer ! J’ai moi aussi été déçue par “Les bottes suédoises” mais par contre je conseille tous les tomes d’Elena Ferrante les yeux fermés !

  2. Bonjour à vous,

    J’ai lu Mille femmes blanches et la vengeance des mères (lectures de début avril) et j’ai adoré. Un vrai “bon” moment de lecture.
    Bien à vous, Séverine

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