Les petites consolations . Eddie Joyce

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Traduit de l’anglais (États-unis) par Madeleine Nasalik
(Rivages, 2016).

   

Les petites consolations s’inscrit brillamment dans la vague inépuisable des grands portraits de famille, transcendant le genre par son intelligence, son humour et sa maîtrise psychologique. A travers de multiples points de vues, Eddie Joyce nous plonge au sein d’un foyer Italiano-Irlandais qui lutte pour retrouver la paix après la mort de leur fils dans les attentats du 11 septembre. Si vous appréciez les sagas familiales tendres et surprenantes, ce livre est fait pour vous. Une vraie découverte et un grand bonheur de lecture.

La famille Amendola est une grande tribu établie sur l’île de Staten Island à New-York. Dix ans après la perte du fils cadet de la famille, tous peinent à trouver un équilibre. La mère, le père, la veuve et les frères avancent fébrilement. Chacun aborde le chagrin à sa façon et mène sa vie comme il le peut. Car comment continuer à avancer dans un tableau incomplet ? Comment déterminer ses choix sans les absents pour nous aiguiller ? Eddie Joyce empile ingénieusement les couches jusqu’à recréer la chaleur d’un foyer authentique haut en couleurs.

Je ne vais pas manquer de retenir le nom de cet auteur encore totalement inconnu il y a quelques mois. Son premier roman est une grande réussite. Drôle, bouleversant et bourré d’énergie. C’est un plaisir de partager la vie des Amendolas, tous aussi touchants les uns que les autres. Au delà de la description du quotidien et des déconvenues de ses personnages, Eddie Joyce interroge les relations familiales, la complexité des attachements profonds qui lient chacun des membres d’une même lignée. L’auteur dépeint aussi en filigrane toute une population de classe moyenne, fruit d’un mixage européen original, qui vit en marge des autres arrondissements de New-York. Une image traverse le livre de bout en bout, lui prête une poétique singulière et dépaysante. Cette image est celle du Ferry de Staten Island, symbole du fossé qui sépare les habitants de l’île du reste de la ville. C’est amusant de voir à quel point il est tantôt perçu comme une fierté ou un élément déplorable. A travers lui, on apprend à mieux connaître ceux qui le regarde et qui foulent son plancher.

Accompagnement gustatif suggéré : La meilleure pizza au monde.
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