Les méduses ont-elles sommeil ? Louisiane C.Dor

(Folio (Gallimard), 2017).

   

Court récit d’une addiction à la MDMA, Les méduses ont-elles sommeil marque l’entrée en littérature de Louisiane C. Dor. En une poignée de mots (81 pages), la jeune romancière enregistre les sensations, les images et les sons qui traversent son héroïne et met en lumière le sentiment de perdition qui jalonne le passage à l’âge adulte. Elle nous prouve qu’il peut très facilement tourner au désastre. Un roman autobiographique désarmant de sincérité.

Hélène, la narratrice fictive à laquelle l’auteure a confié son récit, ne se perd pas en conjectures et n’avance aucune explication socio-psychologique à son addiction. Le point de départ de sa dépendance ne résulte pas d’une dépression ou d’un malheur précis. La jeune femme cherche juste à donner un sens au mot existence. Elle prend les choses comme elles viennent et glisse dans l’excès sans s’en apercevoir. Sans jamais avoir l’impression d’être accro. En proie à un sentiment d’invisibilité et de déréliction lié à la complexité de sa mue vers l’âge adulte, Hélène ne perçoit pas la toxicité de la drogue. Son histoire est universelle. Celle d’une jeune fille laissée un peu trop seule que personne ne regarde ni n’écoute suffisamment et qui cherche juste à vivre plus intensément.
Pour Louisiane C. Dor, les méduses incarnent les consommateurs de MDMA car “ils sont légers, somptueux, transparents, toxiques et venimeux”. Une définition à l’image de son auto-fiction : concise, saisissante et poétique.

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