Le bon fils . Denis Michelis

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(Les éditions noir sur blanc, collection Notabilia, 2016).

Le Bon fils est un roman étrange qui oscille entre comédie, thriller psychologique et récit fantastique, dans l’esprit du film Harry, un ami qui vous veut du bien. Les relations parent-enfant et les “joies” de l’adolescence y sont abordés avec justesse et humour. Si d’emblée j’ai été séduite par des dialogues père-fils aussi drôles que saisissants de réalisme et par la tournure un peu fantastique du roman, mon enthousiasme a été freiné par l’emploi de métaphores qui rendent le récit trop confus à mon sens.

Usé par la vie quotidienne, exaspéré par son fils adolescent et contrarié par le départ de sa femme, le père d’Albertin décide de les emmener se mettre au vert. Installé dans une maison à la campagne, il espère trouver là le calme nécessaire pour remettre son fils dans les rails une bonne fois pour toute ! Si seulement ce déménagement pouvait apaiser les tensions ! Rien n’est moins sûr vu que l’adolescent ne voit pas d’un bon œil ce huit-clos à la campagne avec son père. Un jour, un dénommé Hans sonne à la porte, bien décidé à changer le cours des choses… Élégant, avenant et charmeur, Hans se présente comme un vieil ami du père, même si ce dernier peine visiblement à le remettre dans sa mémoire. Par son aisance naturelle, il a tôt fait de s’inviter dans la maison de son ami retrouvé sans que personne n’ose s’y opposer. Très vite, Hans se mêle de tout. Il souhaite épauler ce père en difficulté et veille pour cela au “bon développement” du fils. Ses méthodes pour arriver à ses fins sont pour le moins originales et déstabilisantes et ses raisons plutôt obscures….

Etonnant personnage ce Hans, tellement déterminé à faire d’Albertin un bon fils qu’il en outrepasse allégrement les limites en toute impunité. N’est-il pas un peu kitsch avec ces boucles blondes et son sourire extra-bright ? Et pourquoi tout le monde le laisse-t-il prendre ses aises dans la maison sans rien dire ? Mais qui est-il à la fin ? Avec sa coiffure angélique, ses bonnes manières et ses bons petits plats, il prête à sourire autant qu’il dérange. On en vient même à se demander s’il existe vraiment…
Si la première moitié du livre s’apparente à une comédie acerbe dont la drôlerie des dialogues père-fils est jubilatoire et respire le vécu, le récit est rapidement imprégnée d’un malaise suintant. Le roman bascule alors dans une dimension un peu surréaliste et dérangeante, sans pour autant renier l’humour du début. En cela, c’est une vraie réussite. J’ai été autant séduite que décontenancée devant ce mélange des genres un peu improbable mais malheureusement, la frontière trop ambigüe entre les métaphores et la réalité m’a dérangée. Tout le long du livre je doutais de ma capacité à bien saisir le propos de l’auteur. Bien sûr les grandes lignes sont intelligibles et les relations familiales sont d’ailleurs très bien décrites, il n’empêche que je reste dubitative face au message que Denis Michelis a voulu véhiculer. Il faut se rendre à l’évidence, soit je ne suis pas assez intelligente pour comprendre la complexité des métaphores employées par l’auteur (ce qui est tout à fait possible), soit son récit pèche quelque part…
La plume de Denis Michelis est malgré tout très séduisante , tant par son rythme original que son humour grinçant. Le malaise qui s’immisse peu à peu dans le récit est subtilement amené et le mélange final qui en résulte, assez inédit. Le suspense est bel est bien présent et les pages du livre se tournent très vite. Même si mon avis sur ce roman reste en demi-teinte, le talent de son auteur, lui, est incontestable.

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Accompagnement gustatif suggéré : Un bon dîner en famille….( ou pas )

One thought on “Le bon fils . Denis Michelis

  1. Ce résumé me fait penser à “d’après une histoire vraie” de Delphine De Vigan. Je ne peux que te le conseiller 🙂 On y retrouve le thème de l’inquisiteur dont on finit par douter de la réalité ! Assez glaçant…

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