Au commencement du septième jour . Luc Lang

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(Les Éditions Stock, 2016).

   

Introspection d’un homme dont la vie bascule, Au commencement du septième jour s’impose comme une œuvre majeure de cette rentrée littéraire. L’écriture cinématographique, nerveuse et foisonnante de Luc Lang éblouit cette saga familiale aux allures de thriller de la première à la dernière page. Chaque phrase capte tout le spectre des sensations contenu dans un même instant. Les images se bousculent et les détails bouillonnent pour nous conduire au plus près des sens. Accélération, décélération, vents contraires et frustrations composent ce roman. Il demeure aussi parfois sans réponses, à l’image de la vie…

L’histoire s’ouvre sur un accident. Thomas reçoit un appel au milieu de la nuit : son épouse, Camille, est dans le coma suite à une sortie de route. Problème : rien ne justifie la présence de la jeune femme sur cette départementale. L’annonce arrache violemment Thomas au ronronnement rassurant de son quotidien. Il est déboussolé mais doit tenir bon pour les enfants, Anton et Elsa. Pour Camille aussi. Mais alors que le regard comateux de sa compagne se tourne peu à peu vers des tréfonds impénétrables, Thomas va être amené à ouvrir les yeux sur sa vie. Ce drame inexplicable le pousse dans ses retranchements et fait resurgir les failles du passé. Inévitablement, les parts d’ombres de son existence lui sautent au visage. Le besoin de renouer avec sa fratrie va le conduire vers de nouveaux territoires, des Pyrénées à l’Afrique noire.

Impossible de ne pas s’impliquer aux côtés de cet homme défait. Luc Lang nous plonge en apnée dans son histoire de façon formidable. Les perceptions se déploient dans une succession de détails compactés à l’extrême et l’économie de ponctuation amplifie la densité du récit. Le rythme haletant et la dynamique font inévitablement penser à un thriller. Particulièrement le premier chapitre. Les deux suivants, plus posés sans être ennuyeux pour autant, encouragent l’introspection.
Les ellipses qui entament chaque partie sont très frustrantes mais c’est bien elles qui font que le roman transpire de vérité. L’intrigue s’interrompt dans son élan et les doutes subsistent, comme ils le feraient dans la vie.

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