A la rencontre des BD Grand Angle !

Hervé Richez
(© Laurent Mélikian pour Bamboo Édition)
Directeur de la collection
Grand angle des éditions Bamboo.

“Grand Angle, la BD comme au cinéma ! Des scénarios intenses et un graphisme classique qui a fait ses preuve : Grand Angle est une valeur sûre de la bande dessinée réaliste, avec des titres tels que L’Envolée sauvage, Thomas Silane, Sam Lawry ou Le Me…” Le directeur de collection Hervé Richez nous éclaire sur son métier et nous livre quelques conseils lecture !

Pouvez-vous nous expliquer ce slogan : la BD comme au cinéma ?
Il date du tout début de la création de la collection. A l’époque nous avions orienté la ligne éditoriale sur des thrillers avec une très légère dimension fantastique. C’était assez précurseur. Nos livres devaient avoir un côté grand spectacle et surtout un rythme, dans l’écriture, proche d’un scénario de film ou de thriller. Aujourd’hui, ce vocable est un peu moins vrai car la palette de nos publications s’est largement diversifiée avec des récits porteurs d’émotions, des histoires vécues, ou des histoires dont les personnages ont fait la grande Histoire.


Comment êtes-vous devenu éditeur et pourquoi avoir choisi l’univers de la bande-dessinée ?
Par passion. A la fois celle des auteurs et de la Bande Dessinée. J’ai eu un parcours d’abord de collectionneur d’albums puis j’ai rencontré des auteurs en salon. Ces rencontres ont attisé mon envie de faire partie du monde de la BD. Je suis devenu et suis toujours auteur de BD. Et en tant qu’auteur, j’ai eu la chance de croiser le chemin d’Olivier Sulpice et de Bamboo au tout début de la création de l’entreprise. Nous étions très peu d’auteurs à travailler avec lui à l’époque (en 1998) et j’étais le seul qui avait écrit un récit réaliste. Du coup, l’ayant lu et apprécié, il m’a dit : un jour, on le publiera. Ce jour-là est arrivé en 2002. Il décide donc de publier mon histoire et me dit qu’il ne veut pas la publier seule. Il me charge alors de créer la collection Grand Angle…


En tant qu’ éditeur, quel rôle jouez-vous dans la création d’une bande-dessinée ?
Je sélectionne d’abord les projets qui peuvent convenir à notre ligne éditoriale. Je monte parfois les équipes créatives en partant du seul scénario. J’accompagne les auteurs tout au long de la réalisation de l’album. Il y a d’abord en général une phase de script-doctoring où le scénariste peut être amené à écrire plusieurs versions de son histoire. Et puis, quand le scénario est calé, je suis avec le scénariste la production graphique de l’album avec le rôle « d’œil extérieur ». Le titre terminé, j’ai la charge de le défendre auprès de nos représentants qui viendront ensuite le présenter aux libraires.


Quel(s) album(s) ont selon vous marqués l’année 2017 la collection GRAND ANGLE ?
Tous ! Mais l’Adoption de Monin et Zidrou a forcément une place un peu à part, tout comme le second volet d’Une vie avec Alexandra David-Néel de Frédéric Campoy et Mathieu Blanchot . Et puis, il y a le plaisir d’accueillir des nouveaux auteurs sur-talentueux comme Virginie Augustin et Kid Toussaint qui nous ont gratifié en fin 2017 d’un magnifique début de série avec leurs 40 éléphants (volume 2 à paraître en mai 2018) et Bruno Duhamel qui nous a offert un magnifique Le retour en 2017 et Jamais dernièrement.





5) J’ai une tendresse particulière pour les personnages comme Madeleine, la petite mamie imaginée par Bruno DUHAMEL dans « Jamais ». Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cet album paru le 10 janvier ?
C’est l’histoire d’une vieille aveugle qui refuse de quitter sa maison même si la nature a décidé de s’en prendre à elle. Jamais, c’est un album puissant. Dans ce récit, Bruno Duhamel réussit le tour de force de parler simultanément de thèmes universels : la résistance face à l’autorité, les souvenirs comme unique richesse,  l’impuissance humaine face aux forces de la nature, le réchauffement climatique qui grignote nos côtes, l’honneur des petites gens, entre autres. Ce récit a d’autant plus de force que le dessin de Bruno s’inscrit dans la grande tradition franco-belge avec la rondeur qu’il faut pour s’adresser au plus grand nombre et, surtout, toucher le plus grand nombre. Et puis, cette Madeleine qui nous tourne le dos en couverture, illustre bien le pitch du livre : Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c’est les deux. Ce livre, lui, n’est pas une catastrophe naturelle, c’est une magnifique création humaine…


Que vous apporte votre partenariat avec la revue Page ?
Pour une collection qui ne publie, par volonté de faire peu pour faire bien, que 35 albums par an, c’est parfois difficile d’exister sur les tables des libraires. On ne pense pas forcément à nos livres au premier chef lors d’une prescription à un client. Le partenariat avec Page nous rend davantage visible et c’est essentiel aujourd’hui…


Le numéro 188 de la revue PAGE des libraires est actuellement en librairie. Pour notre plus grand bonheur, elle est consacrée aux titres phares de cette rentrée d’hiver en littérature française, étrangère, premiers romans, poche, BD et jeunesse !


Retrouvez les précédentes escales de mon tour de France des Libraires :
Aurélie Janssens, libraire à la librairie Page et Plume (Limoges)
Betty Duval-Hubert, libraire à la librairie La buissonnière (Yvetot)
Cécile Babois, libraire (spécialiste Jeunesse) à la librairie Le carnet à spirales (Charlieu)
Charlène Busalli, Libraire à La Librairie du Tramway (Lyon)

…et l’interview des éditeurs  :
Paola Grieco, Directrice éditoriale des éditions GULF Stream (Nantes)
Murielle Coueslan, Directrice éditoriale des éditions RAGEOT (Paris)

2 thoughts on “A la rencontre des BD Grand Angle !

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